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1671

Charles Robinet, Lettres en vers

Paris, Chenault, 1671

Couverture du Fils supposé

Robinet couvre le Fils supposé de Boyer dans ses lettres du 29 août et du 5 septembre 1671 :

29 août 1671
Au reste, le Fils supposé,
Autre poème composé
Par Boyer, ce rare tragique,
Qui, des mieux, sait le dramatique,
A pris leur place au même hôtel.
Et comme maint savant mortel
M’en a dit beaucoup de merveilles,
L’appellant, de ses doctes veilles,
Le chef-d’oeuvre et couronnement,
Je ne veux douter nullement
Qu’ainsi qu’au feu chacun n’y courre,
Et faisant foule ne s’y fourre :
Et moi, libre entrée ayant là,
Je crois, demain, qu’on m’y verra.

5 septembre 1671
Comme je m’étais proposé
D’aller voir le Fils supposé,
Mardi, je le vis et je jure
Sans en vouloir être parjure,
Ou que je ne m’y connais point,
Ou ce poème a, de tout point,
Ce qui fait un beau dramatique,
Soit, s’il faut que plus je m’explique,
Pour le sujet, les ornements,
Les beaux et les grands sentiments,
Les vers de pompeuse structure,
La diction et forte, et pure,
L’ordre, l’intrigue et dénouement,
Mais je me trouve bon, vraiment,
D’en dire ainsi ma râtelée,
Autant de bond que de volée,
Après que le Grand de Condé,
En le voyant a décidé
Beaucoup mieux que mon écritoire,
Ce que, sur ce, chacun doit croire,
Déclarant, tout haut, que Boyer,
En méritait los et loyer.
N’en disons donc pas davantage,
Mais, dans le reste de ma page,
Ajoutons que tous les acteurs,
Y ravissent les spectateurs :
Chacun d’admirable manière
Entrant dedans son caractère,
Et le poussant certainement
Jusqu’à la fin sort dignement.
J’en dis de même des actrices
Dont deux sont vraies enchanterices.
La Dennebaut et Champmêlé,
Dignes de maint coeur immolé
A leurs jeunes et brillants charmes,
Et par là, je finis mes carmes,
Ne pouvant pas demeurer mieux,
Que sur ces objets gracieux.

Charles Robinet, <i>Lettres en vers à Monsieur</i>, Paris, Chenault, 1671. [Mazarine, 296-A5-RES]


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