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1671

Charles Robinet, Lettres en vers

Paris, Chenault, 1671

Revue théâtrale

Dans sa lettre du 24 octobre 1671, Robinet promeut l'abondance de l'offre parisienne en matière de spectacles :

Notre bourgeois n’en fait pas moins,
Car grâce aux paternels soins
De notre glorieux monarque,
Lequel conduit si bien sa barque,
Ici, chacun a le moyen
Par le commerce qui va bien,
De se divertir à merveille :
Et dans Lutèce non pareille,
Quatre troupes de grands acteurs,
Dont la plupart sont même auteurs,
A l’envie, sur leur belle scène,
Charment le peuple de la Seine.

Au Palais Royal, la Psyché
Où l’Amour a son cœur fiché
Ravit, toujours, en conscience,
Une très nombreuse assistance ;
Laquelle aussi se sent saisir
Sans doute d’un nouveau plaisir,
De la revoir représentée
Par cette actrice tant vantée,
Laquelle de Molière a nom
Que l’on craignait voir tout de bon
Passer dans la fatale barque
Par le coup de l’atroce Parque
Mais qui, triomphant du trépas,
Plus que jamais montre d’appas,
Dont l’époux, à gogo je pense,
Reprend nouvelle jouissance.

La belle troupe du Marais,  

Sur nouveaux coûts, sur nouveaux frais,
Qui montent à très grosse somme,
Redonne, pour le dire en somme
Ses brillants Amours du soleil,
Avec un nouvel appareil,
Tel, sans ajouter à la dose,
Que c’est, encore, tout autre chose,
Que vous n’avez vu ci-devant.

Je ne vous mets rien en avant  

Sans en avoir bonne assurance
Outre que la magnificence
Coûtumière dans ce lieu là
Persuade aisément cela :
Mais si vous ne voulez m’en croire,
Allez-y voir, oui, c’est mieux faire.

Charles Robinet, Lettres en vers à Monsieur, Paris, Chenault, 1671. [Mazarine, 296-A5-RES]


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