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1671

Charles Robinet, Lettres en vers

Paris, Chenault, 1671

Les Ambassadeurs et les machines

Dans sa lettre du 31 janvier 1671, Robinet fait suivre le récit des festivités de Vincennes par la mention d'une pièce à machines vue par les ambassadeurs des puissances d'Allemagne :

Après cette liesse pleine,
Après ces plaisirs de Vincennes,
Qui bannissaient tous fâcheux soins,
Et dont, mêmes, furent témoins,
Les ambassadeurs des puissances,
Qui font, ici, leurs Résidences,
Et qu’on traité, bien entendu,
Comme on dit, Bouche que veux-tu ?
Les Majestés, en cette Ville,
Retournèrent au Domicile,
Le jour de l’autre Samedi ;
Et, cinq heures après Midi,
Virent leur Ballet à Machines,
Où, par des merveilles Divines,
De qui les yeux sont éblouis,
On voit, en faveur de Louis,
De ce Monarque incomparable,
Tout ce qu’on peut voir d’admirable.
Ce grand Spectacle, encor, Lundi,
Et, sans aucune erreur, Mardi,
Charma tant la Cour, que la Ville,
De qui, là, le Peuple fourmille :
Sa Paternelle Majesté,
Par un cher excès de Bonté,
Qui mérite tout notre Hommage,
Voulant que son Peuple partage,
Les Plaisirs qu’elle prend, parfois,
Au relâche de ces Emplois,
Où, pour le Bonheur de la France,
Elle applique sa Vigilance,
Avec un Succès glorieux,
Que n’ont point eu ses grands Aïeux.

Transcription de David Chataignier disponible sur le site Molière21.


Pour indiquer la provenance des citations : accompagner la référence de l’ouvrage cité de la mention « site Naissance de la critique dramatique »