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1670

Charles Robinet, Lettres en vers

Paris, Chénault, 1670.

Eloge d'Arlequin

Dans sa lettre du 4 janvier 1670, Robinet fait l'éloge d'Arlequin pour le rôle qu'il tient dans Le Gentilhomme campagnard ou les Débauches d'Arlequin :

Arlequin, ce charmant comique,
Qui de bien divertir se pique,
Est devenu grand débauché :
Mais, bien loin qu'on en soit fâché,
On voudrait qu'il lui prît envie
De l'être, ainsi, toute sa vie.
Ce n'est pas un vin de Lyon,
Que le sien, non vraiment, non, non,
Mais un vin de singe agréable,
Qui le rend, certe, inimitable
À tous les suppôts de Bacchus
Qui font usage de son jus.
On comprend bien, comme je pense,
Que sa débauche est sans offense
Et qu'ici, sans m'équivoquer
Je parle, s'il faut m'expliquer,
De sa débauche de théâtre,
Où cet acteur archifolâtre
Est un imbriaque follet,
Qui si fort aux deux sexes plaît
Qu'une aimable et belle comtesse,
Et qui, même, est un peu princesse,
Le veut aller voir, en ce jour,
Comme les autres, à son tour.
Toute la troupe fait merveille
En cette pièce de bouteille
Et de qui, même un docteur, [c'est le Docteur de la troupe]
Je vous le proteste, est l'auteur.

Transcription de David Chataignier disponible sur le site Molière21.


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