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1677

Jean Donneau de Visé, Le Mercure galant

Paris, Ribou, 1677

Revue théâtrale de fin d'année

Pour le mois de décembre 1677, le Nouveau Mercure galant passe en revue le programme des théâtres parisiens : Pradon, et surtout, Thomas Corneille.

Comme nous allons entrer dans la saison des plaisirs, je crois que j’aurais à vous parler le mois prochain de plusieurs divertissements. On n’a vu que les anciens opéras pendant celui-ci et rien n’a paru de nouveau sur le théâtre à l’exception de L’Electre de M. Pradon qui a été jouée par la Troupe du Faubourg Saint-Germain. Celle de l’Hôtel de Bourgogne promet pour le lendemain des Rois sans remise la première représentation du Comte d’Essex de M. Corneille le jeune. Ce sujet est grand et de notre siècle, puisque sa disgrâce arriva au commencement de l’année 1601. On dit qu’il n’y a rien de plus touchant que cette pièce. Elle a fait du moins assez de bruit par quelques lectures, pour obliger l’autre troupe à promettre aussi un Comte d’Essex qu’elle lui doit opposer. S’il a autant de beautés qu’on assure qu’il y en a dans celui dont je vous parle, on peut se promettre beaucoup de plaisir de cette opposition. Comme l’auteur de ce dernier ne se nomme point, quelques-uns veulent que ce soit l’ancien Comte d’Essex de M. de la Calprenède raccommodé. Il est vrai qu’on n’a songé à remettre ce sujet sur le Théâtre de Guénégaud que depuis que les affiches de l’Hôtel ont fait connaître que M. de Corneille le jeune l’avait traité, mais il importe peu du temps, pourvu que l’ouvrage soit assez bon pour satisfaire le public.

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